Éco-anxiété et solastalgie : de quoi parle-t-on ?

L’éco-anxiété correspond aux inquiétudes et aux angoisses liées aux bouleversements écologiques et à leurs conséquences, présentes ou futures. Elle peut se traduire par des ruminations, des difficultés à dormir, un sentiment d’impuissance, de la culpabilité ou une difficulté à se projeter.

La solastalgie désigne davantage la souffrance ressentie face à la transformation ou à la dégradation d’un environnement auquel nous sommes attachés. C’est, en quelque sorte, la douleur de voir changer un lieu qui nous est familier, alors même que nous continuons à y vivre.

Ces émotions ne sont pas nécessairement pathologiques. Elles peuvent être une réaction humaine et compréhensible face à des changements bien réels. Mais lorsqu’elles deviennent envahissantes, elles peuvent progressivement affecter notre équilibre, nos relations et notre capacité à agir.

Quand le monde vacille : éco-anxiété et solastalgie, effondrement et peur de perdre pied

En Gironde, les incendies ont laissé une empreinte qui ne se résume pas aux hectares brûlés.

Pour celles et ceux qui les ont vécus ou suivis de près, ils ont pu faire surgir une expérience particulière : celle de voir soudainement son environnement familier devenir incertain, menaçant, parfois méconnaissable.

Et lorsque les incendies se conjuguent aux canicules, aux sécheresses, puis aux images de catastrophes qui nous parviennent du monde entier, quelque chose peut s’accumuler.

Ce n’est plus un événement isolé. C’est la sensation d’un monde qui change.

Quand les catastrophes se répondent

Même lorsque nous ne sommes pas directement touchés, notre capacité à être informés en permanence par les médias nous met en contact avec ces réalités. 

Cette accumulation d’informations et surtout d’images peut provoquer de l’anxiété, de la sidération, de la peur, de la tristesse ou un sentiment d’impuissance.

Elle peut aussi nous confronter à une prise de conscience plus profonde : et si le monde que nous connaissons était réellement en train de changer ou même de s’effondrer ?

La peur d’un effondrement extérieur peut rejoindre une peur intérieure

Prendre conscience des bouleversements écologiques, ce n’est pas seulement penser à l’avenir de la planète.

Cela peut toucher quelque chose de beaucoup plus intime : notre besoin de sécurité, de stabilité et de continuité.

Lorsque nos repères extérieurs vacillent, une question peut surgir, parfois silencieusement :

« Si tout peut s’effondrer autour de moi, sur quoi puis-je encore m’appuyer ? »

Cette peur peut prendre différentes formes : peur de l’avenir, peur pour ses proches, difficulté à se projeter, sentiment de perte de contrôle, hypervigilance ou épuisement.

Elle peut aussi résonner avec une peur plus fondamentale : celle de perdre pied soi-même lorsque les repères qui nous sécurisaient ne sont plus aussi solides.

Une expérience que j’ai rencontrée sur le terrain

Lors des incendies en Gironde, j’ai participé bénévolement à une cellule de crise dans un rôle d’écoute.

J’y ai rencontré des personnes désorientées, choquées, en plein désarroi, et parfois désespérées.

J’étais là pour écouter des histoires singulières, accueillir une parole, une émotion, et être simplement présente auprès de personnes dont les repères venaient subitement de basculer; c’était une évacuation en pleine nuit, l’attente d’informations sur l’état de leur maison,  lieu de vie parfois de 3 générations, l’impossibilité d’avoir pu emporter leurs animaux …et surtout cette impossible attente.

Cette expérience m’a profondément marquée.

Elle a nourri ma conviction que, lorsque le monde extérieur devient source d’insécurité, pouvoir trouver un espace suffisamment sécurisant pour déposer ce que l’on ressent est déjà une ressource essentielle.

C’est aussi ce qui a contribué à faire émerger ma proposition actuelle autour de l’éco-anxiété et de la solastalgie.

Retrouver un point d’appui

Dans ma pratique de sophrothérapeute existentielle, je propose un espace pour accueillir ce qui est là : la peur, la tristesse, la colère, l’impuissance, mais aussi les questions de sens que les bouleversements écologiques peuvent faire surgir.

Il ne s’agit pas de « penser positif » ni de nier la réalité même si le déni à un certain stade du processus psychique est un mécanisme de défense humain.

Il s’agit de retrouver progressivement des points d’appui :

dans le corps, dans la relation, dans ses ressources, dans ce qui fait sens et dans ce qui peut encore mettre en mouvement.

La sophrologie peut notamment aider à retrouver des sensations de sécurité et d’ancrage, à mieux réguler les manifestations de l’anxiété et à renouer avec ses ressources.

L’approche existentielle permet quant à elle d’explorer une question essentielle :

Comment continuer à habiter pleinement sa vie lorsque le monde auquel nous étions habitués est en transformation ?

Ne pas s’effondrer avec le monde

Nous ne pouvons pas contrôler l’ensemble des bouleversements écologiques.

Mais nous pouvons prendre soin de notre capacité à les traverser.

Préserver son sommeil, son énergie, ses relations et sa capacité à ressentir du plaisir n’est pas une manière de détourner le regard. C’est aussi une manière de préserver sa capacité d’action.

Retrouver son élan vital ne signifie pas croire que tout ira bien.

Cela signifie retrouver suffisamment de sécurité intérieure, de lien et de sens pour pouvoir continuer à vivre, à choisir et à agir dans un monde incertain.

Si les enjeux écologiques suscitent chez vous une anxiété importante, un sentiment d’impuissance, de perte de sens ou d’épuisement, je vous propose un accompagnement en sophrothérapie existentielle.